Piste d'ouverture
L'analyse de la semaine
Cette semaine, les États-Unis refusent de renouveler l'ACEUM pour 16 ans et les risques de perte d'indépendance de la Fed refont surface
Voir la présentationAu sommet du palmarès
Graphique de la semaine | Le Canada regarde ailleurs
Le 1er juillet approche, et avec lui la date prévue pour décider si l’ACEUM sera reconduit tel quel pour les 16 prochaines années.
Il ne faut probablement pas s’attendre à un grand moment de stabilité commerciale, avec une reconduction simple et rassurante de l’accord nord-américain. Le scénario le plus probable ressemble plutôt à un processus de révisions annuelles, donc à une relation commerciale qui restera importante, mais plus incertaine.
Pour le Canada, c’est un rappel assez brutal d’une réalité bien connue : on ne choisit pas sa géographie.
Les États-Unis resteront notre principal partenaire commercial. La profondeur du marché américain, la proximité, les chaînes d’approvisionnement intégrées et des décennies d’habitudes commerciales ne disparaîtront pas parce que le climat politique change.
Mais le graphique de cette semaine montre quelque chose d’encourageant : sans tourner le dos aux États-Unis, le Canada commerce de plus en plus avec le reste du monde.
Jusqu’en 2024, la répartition des exportations canadiennes tournait autour de 75 % vers les États-Unis et 25 % vers les autres partenaires commerciaux.
Aujourd’hui, on est plutôt autour de 67 % et 33 %.
Ce changement pourrait facilement être mal interprété. On pourrait croire que la part américaine baisse parce que les exportations vers les États-Unis reculent fortement.
Ce n’est pas le cas.
En avril 2026, les exportations canadiennes vers les États-Unis atteignaient environ 46 milliards de dollars, soit un niveau très près de la moyenne observée entre 2022 et 2024.
La vraie histoire est ailleurs.
Les exportations vers le reste du monde, elles, progressent clairement : d’environ 15 milliards de dollars par mois en moyenne entre 2022 et 2024, elles sont passées à 21 milliards en avril.
Autrement dit, la diversification commerciale du Canada ne vient pas seulement d’un effet de pourcentage. Elle repose sur une hausse bien réelle des ventes vers d’autres marchés.
La relation nord-sud restera dominante. Mais elle devient graduellement moins exclusive.
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Sébastien Mc Mahon
Étienne Bergeron
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